Monday - September 08, 2003

Kenya Motel Hell

1 cockroach, 18 skulls and 3 ducks
Motel d'Enfer - 1 cafard, 18 crânes et 3 canards

We have been on the road for almost 200 days. This means 4,800 hours. Of these 4,800 hours,... 4,778 have been spent along side my beau-hunk. Thats either impressive or crazy. Even with the greatest odds, the deepest hypnosis, and the will power of an anorexic, I would never have bet I could spend this much time with another human being. Having to deal with any problems that arise between us in a rapid, practical way out of necessity is an inevitability. This is not always best however, as perspective, cooling-off, solitude etc... are agents that can be just as important. Have I learned not to be so self-indulgent? Unlikely. To compromise? Absolutely. This will astound my family.

We have just left the Tiwi-beach paradise, and drove back to the ferry boat in a rainy down-pour to cross the bay to the mainland, but the boat's metal rails for boarding are too slippery and muddy and we are forced to stay in the dingy little town of Likoni. As a right of passage, or perhaps a warning,... perhaps even as a keepsake token, I see the biggest cockroach I have ever seen in my life. I screamed, Pierre responded like a mongoose and rescued me, and our lives continued onward, outward, on to bed and ..... into the next day.


Today we rode towards the steep, mountain town of Wundanyi. We had to drive for miles on what for me was a harrowing piste. Rutted out, steep, and muddy. When we finally arrived to our "motel", the place had gone to hell, and the interior was squalid enough that we decided to pitch the tent outdoors. The farm has 3 geese, 2 cows and the forever curious town folk peering at us. Many of these folk were drinking at the mud-hut bar in the backyard. So, we too go over and ask for a drink, but all they have to offer us is little plastic packets of Vodka (like to-go ketchups). Mmmmmm, tear it open and suck down the booze. "Mixer?", " Where do you think you are?!?"


The town is magnificently beautiful and remote. We are here to see the Skull Cave. 80+ years ago, when animists were 'untamed' by the Christians, locals would dig up the graves of the village chiefs after they had been buried for three months, and chop off their heads. They put all their skulls on a creviced ledge in the face of the mountain. During hard times, villagers came and brought offerings of beer and goats to encourage the spirits (and get them drunk) to make rain, heal the sick, bring money, etc. These beliefs make more sense to me than a white guy sitting up in the sky watching all of us. In the picture you can see the skulls aren't in the best of shape, after being kicked around by local teenage boys. The woman we stay with says the young people don't respect the old ways any longer, and so it goes.


The following day, we pack our bikes and drive out. As I speed over a really steep butte, I pop a 4 foot wheelie and see my front tire at eye level and I'm sure my 4-limbed glory days are gone forever. I ask myself if I really want to be doing this? Why am I doing this? Am i doing this for Pierre (us), or for me? Does this nurture my ego/ or my soul? It scared the hell out of me.

We reach asphalt, and although boring compared to mountainous piste, I think I am ready for a few weeks of it. Hell, a few months. We drive down and wind around and around and right out of Kenya. I have met more and had better interactions with people in Kenya (and Niger) than any other country we have visited thus far.
So long Kenya. Hakuna matata...


Cela fait presque 200 jours que nous sommes sur la route. Ça représente 4800 heures. Et de ces 4800 heures... 4778 ont été passées au côté de mon beau-hunk. C'est soit impressionnant, soit cinglé. Même avec une chance incroyable, la plus profonde hypnose et la volonté d'une anorexique, je n'aurais jamais parié que je pourrais passer autant de temps avec un autre être humain. Résoudre les problèmes qui surgissent entre nous d'une manière rapide et constructive est, par nécessité, inévitable. Ce n'est cependant pas toujours pour le meilleur parce que solitude, relaxation, perspective, etc sont des agents tout aussi importants. Est-ce que j'ai appris à ne pas être aussi self-indulgente? N'y comptez pas. Trouver des compromis? Absolument. Et ceci étonnera ma famille.

Nous avons tout juste quitté le paradis de Tiwi-Beach et nous retournons sous la pluie vers le ferry pour franchir la baie. Malheureusement les plaques de métal pour monter à bord sont trop glissantes et nous sommes forcés de rester dans la petite ville douteuse de Likoni. En guise de droit de passage, ou peut-être d'avertissement, ...ou peut-être même comme cadeau-souvenir, je découvre le plus gros cafard que j'ai jamais vu de ma vie. Je hurle, Pierre répond et vient au secours de mon âme de demoiselle, et nos vies continuent de l'avant... et jusqu'au jour suivant.


Aujourd'hui nous chevauchons vers la petite ville montagneuse et toute en pente de Wundanyi. Nous devons conduire pendant des kilomètres sur ce qui est pour moi une piste bien ardue. Plein d'ornières, raide, boueuse. Quand nous arrivons finalement à notre "motel", nous découvrons que l'endroit est tombé aux oubliettes, et l'intérieur est suffisamment putride pour nous décider à planter la tente dehors. La ferme a 3 oies, 2 vaches et l'inévitable curieux du coin pour loucher vers nous. Plein d'autres autochtones sont en train de boire au bar en forme de hutte dans l'arrière-cour. Donc nous y allons aussi et demandons un verre, mais tout ce qu'ils ont à nous offrir ce sont des petits sachets-plastique de vodka (comme les sachets de ketchup à emporter). Miammm, déchirez le truc et sucez la gnôle. "Un shaker?", "Où vous croyez-vous?"


La ville est superbement belle et isolée. Nous somme ici pour visiter la Cave aux Crânes. Il y a 80 ans, quand les animistes n'étaient pas encore "matés" par les Chrétiens, les gens du coin creusaient les tombes des chefs de village et autres personnes importantes après qu'elles y aient été enterrées trois mois, et leur coupaient la tête. Ils plaçaient tous les crânes dans une crevasse en surplomb sur la face de la montagne. Pendant les périodes difficiles, les villageois venaient et offraient de la bière et des chèvres pour encourager les esprits (et les saouler) pour faire venir la pluie, guérir le malade, apporter de l'argent, etc. Ces croyances font preuve de plus de bon sens pour moi que celles du gars tout en blanc assis dans le ciel qui regarde tout et chacun des êtres humains ici-bas sur Terre. Sur la photo, vous pouvez voir que les crânes ne sont plus dans le meilleur état, après avoir servi de ballons aux ados du coin. La dame chez qui nous restons raconte que les jeunes gens ne respectent plus les anciennes traditions, ce n'est plus comme avant.


Le jour suivant, nous chargeons les motos et repartons. Alors que j'accélère sur une butte vraiment raide, je me tape un 'wheelie' (une 'roue-arrière') vraiment impressionnant où la roue-avant se retrouve à la hauteur de mes yeux, et je me dis que mes jours de gloire à 4 membres sont finis à jamais. Je me demande si je veux vraiment ça? Pourquoi est-ce que je fais ça? Est-ce que je le fais pour Pierre (pour nous), ou pour moi? Est-ce ça renforce mon ego ou mon âme? Ça me fout vraiment la trouille.

Nous atteignons l'asphalte, et même si c'est plutôt ennuyeux comparé à la piste de montagne, je me dis que je suis prête à en faire pendant quelques semaines. Ou même quelques mois. Nous descendons et tournons, tournons tout le long jusqu'à sortir du Kenya. J'ai rencontré plus de gens et eu les meilleurs échanges au Kenya (et au Niger) que dans n'importe quel pays que nous avons traversé jusque là. Au-revoir le Kenya.

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