Saturday - March 22, 2003

Into Niger we go

Love my goooaaat
Au Niger nous allons - J'aime ma chèèèvre

Arlit, Niger

Crossing from Algeria into Niger must be like going out of Mormon-ville, Utah to the Castro district in San Francisco

The Arab Muslim countries are far more strict than in sub-Saharan Niger. And though I loved Algeria and the people, I happily said goodbye to the oppression and discrimination i felt there towards women.

Niger. I didnt know anything about this country until now.
The children were the first thing that I experienced. Before the kids were friendly, but took a few seconds to look us over and get comfortable speaking with us. While in Niger when 20 kids run up to us, they immediately take our hands and walk with us. They love to touch everything and are immediately personal.

The women too are very present everywhere. Hanging out at night with everyone, yelling across the street at friends, laughing and physically interacting with boys. Their dress too is impressive. Beautiful colors and drappings. Lots of skin showing in the clevage and arm areas I am happy to say and many have such a regal, hip-sway walk, that I feel clumsy next to them. Dress is very important. Many of the men have pressed, clean clothing made from fine materials. At the grand marché (market) there are many stalls that carry fine wools and cottons. This of course is mainly in the larger cities.

We met one girl of 14 who wanted to dress me in traditional Toureg garments. So, ok, I agreed and was taken in a back room and undressed out of my accoustomed 2nd skin, moto-cross, 5 layers of dust, gear and my head was put into a 5 pound-fabric wrap, a fringed-out shawl, an embroirdered sarong and some butterfly flip-flops. I feel so awkward, but nothing compared to when i was wheeled out into public domain for consumption. There were several older generation, Toureg men sitting in a row looking at me. I turned to the side and a girl was trying to hand me a goat to hold so they could take a picture. I turned to Pierre dripping with humiliation and said, "Help me". I told them I felt humiliated and that I was leaving, then clogged back into the room and returned to my dirty, No Fear, 10 pound boot, moto gear.
I did get to hold a 3 week old baby goat though. He was so soft and I could feel his bones against mine as I held him. He lifted his head to look up at me and I saw his little mouth and opened his lower lip to see his teeth. He closed his eyes and my heart fell wide open and I almost started to cry. It was a feeling of unconditional love so overwhelming and safe. I wish the majority of people could feel such open love for one another. We are taught to protect ourselves, sometimes to the point of disengaging from authentic emotions and connections with others. Maybe they will hurt us. Maybe we will appear weak or be judged.
That little goat has never left my mind.


Traverser d'Algérie au Niger doit être comme sortir de Mormon-City en Utah au Quartier du Castro à San Francisco.

Les pays arabes musulmans sont bien plus stricts que le Niger sub-saharien. Et même si j'ai adoré l'Algérie et les gens là-bas, je dit au-revoir avec bonheur à l'oppression et à la discrimination que j'ai ressenti envers les femmes.

Niger. Je ne connnaissais rien à ce pays jusqu'à maintenant.
Les gosses sont la première chose à laquelle je suis confrontée. Auparavant les gosses étaient sympas mais il leur fallait quelques secondes pour nous regarder et se sentir à l'aise avant de nous parler. Alors qu'au Niger quand une vingtaine de gosses courent vers nous, ils nous prennent immédiatement par la main pour marcher avec nous. Ils adorent toucher à tout et sont immédiatement proches de nous.

Les femmes aussi sont très présentes partout. Se baladant le soir avec tout le monde, appelant leurs amies de l'autre côté de la rue, rigolant et interagissant physiquement avec les garçons. Leur vêtements aussi sont impressionnants. Superbes couleurs et draperies. Le decolleté largement découvert et les bras nus, je suis heureuse de dire, et nombreuses sont celles dont le déhanchement est un tel régal que je me sens gauche à côté d'elles. L'habillement est très important. Beaucoup d'hommes ont des costumes de bonne facture et fraichement repassés. Au Grand Marché, il y a plein de boutiques qui vendent du coton et de la laine de qualité. Tout ceci bien sûr, se trouve surtout dans les grandes villes.

Nous avons recontré un fille de 14 ans qui voulait m'habiller en costume Touareg traditionnel. Donc, ok, je me laisse faire, emmenée dans l'arrière chambre, débarrassée de ma deuxième peau, moto-cross, 5 couches de poussière, protections, et ma tête est enveloppée dans un turban de 3 kilos, un châle à franges, un sarong brodé et des sandales papillon. Je me sens tellement mal-à-l'aise, mais rien encore comparé au moment où l'on me pousse dehors pour dégustation publique. Il y a plusieurs hommes Touareg de la génération précédente assis en ligne me dévisageant. Je me tourne sur le côté et une gamine essaye de me tendre une chèvre pour qu'ils puissent prendre une photo. Je me tourne vers Pierre dégoulinante d'humiliation et dis "Aide-moi". Je leur annonce que je me sens humiliée et je repars, enfoncée dans la chambre et retournant à mon équipement de moto, sale, No Fear, et bottes de 5 kilos.
J'ai quand même eu l'occasion de tenir un bébé chèvre de 3 semaines. Il était tellement doux et je pouvais sentor ses os contre les miens. Il a levé la tête pour me regarder, ouvert la bouche et j'ai pu voir ses dents entre les lèvres. Il a fermé les yeux et mon coeur s'est grand-ouvert et j'ai presque commencé à pleurer. C'était un sentiment d'amour inconditionnel débordant et rassurant. J'aimerais qu'une majorité de gens puisse ressentir un tel amour les uns envers les autres. On nous apprend à nous protéger, quelquefois au point de se désengager des émotions authentiques et des connexions avec les autres. Peut-être qu'ils nous feront mal. Peut-être apparaitrons nous faibles ou serons nous jugés.
Cette petite chèvre n'a jamais quitté mon esprit.

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