Monday - November 03, 2003

Warthogs are grey

It's what you get when you mix black and white
Les phacochères sont gris - C'est ce que tu obtiens quand tu mélanges blanc et noir

Pierre and I just crossed into Namibia, and with each country, new "modernities" grow. The landscape is green and hilly with Warthog crossing signs every few miles. We see them gathering their babies, sticking their tails high and very stiff into the air, and bolting into the bush whenever they hear the unfamiliar sounds of our motorcycles. When we see them feeding, they crawl around on their knees rooting with their snouts for grass, roots, tree bark, and dead animal snacks - a square meal with all 4 food groups. They remind me of a medieval spell gone awry.

Namibia is the first country in the world to incorporate the protection of the environment into its constitution, with some 14% of the land being protected. Life expectancy of humans is 43 yrs. of age, largely due to the rampant spread of Aids which infects 23% of the adult population, compared to 0.6% in the US.

At the border a young, abled guy and I are talking while Pierre is doing our visas, and he comments to me on how whites have it so good. I tell him that every race has their hardships - the homeless, pimped street kids, chronic illnesses and much worse within every race. But I know this isn't what he is talking about. I also know until I have experienced what it is to be of black skin, my responses count for little no matter how empathetic I am. He is very troubled and very hung up on white/black. I remind him that there are yellow and red, and brown, etc, and that elsewhere, the Japanese look down on the Taiwanese, the Europeans think the Arabs are filthy, and that black and white is only a piece of the big, ugly puzzle. He quickly becomes distracted and starts asking questions about Pierre and whether or not we are married. I explain him that 'yes, we are' in order to keep things ....simple. "Well", he says, "I want to know how I can have a white woman". I will spare you my response to this, but something I said made him exclaim, "Jesus was white", and I smiled so big. "Jesus wasn't white! He was from the middle east." "Really?" "Yea, maybe he was even Chinese or a midget. No one ever wrote about it or took pictures. No one knows. It's most probable he was brown though." The boy's mind moved so fast from one topic to another, just like a kid. It was impressive. After several other jumps, he came full-circle to return to his original premise of blacks having it hard, so I leaned very close to him to kindly say, "You want me to tell you who I think has it hard?! Women. Women have it hard. Many men such as yourself, won't let them into churches or make community decisions, they are raped and then blamed for it, you deny them the right to vote, and you treat them too often like a sad donkey. Yes, you have it hard until you look at your women, so if you want a good understanding of hardship, go talk to them." This was very cathartic for me as you can guess. After all this he shockingly tells me "I like you, you speak the truth". This made me laugh. He was so funny in a queer way. He really wanted to talk and listen and understand and share. Never defensive, or angry, just interested in ideas and sharing. I was all interested as to why he was so curious. Most people are brought up to believe certain ways about, well, almost everything, - but many times there exists no information or conversations within the community to challenge these learned ideas. So many people grow up believing the same thing, but with a feeling there is something missing or wrong. When they finally get to share their ideas amongst others with different views and concerns, many Africans we have met seem to soak it up and enjoy the dialog (with exception of strict Arab Muslims (for me)).

Other than this, I haven't spent much time with locals. I'm pretty sure it's because I am starting to miss having a home, doing art, friends and family, and having the rare commodity of solitude and real privacy when I need it. But most of all, having a home. Maybe it is reaching the end of a continent, or a phase, or the heat, or, or, or... the mind turns and turns.


Pierre et moi venons d'entrer en Namibie et avec chaque nouveau pays, les "modernités" se multiplient. C'est un paysage de collines vertes avec des panneaux "Attention Croisement de Phacochères" tous les quelques kilomètres. Nous les voyons rassembler leurs petits, planter leurs queues toutes droites haut dans l'air, et déguerpir dans les fourrés dès qu'ils entendent le son inhabituel de nos motos. Quand nous les voyons en train de manger, ils se traînent sur les genoux déracinant du museau racines, écorces de bois et cadavres d'animaux - un bon repas bien équilibré. Ils me font penser à un sortilège médiéval qui aurait mal tourné.

La Namibie est le premier pays au monde à avoir inclus la protection de l'environnement dans sa constitution, et environ 14% du territoire sont protégés. L'espérance de vie est de 43 ans, surtout à cause de l'épidémie rampante du sida qui a touché 23% de la population adulte, à comparer avec 0.6% aux Etats-Unis.

A la frontière, je parle avec un jeune type costaud pendant que Pierre va faire les visas, et il me confie combien tout est si facile pour les Blancs. Je lui dis que toutes les races ont leur fardeau - les sans-abris, les gamins prostitués dans la rue, les maladies chroniques et bien pire dans chacune des races. Mais je sais que ce n'est pas ce dont il parle. Je sais aussi que tant que je n'aurais pas connu ce que c'est que de porter une peau noire, mes réponses - quelle que soit ma compassion - ne pèseront pas lourd. Il demeure très confus et accroché au côté blanc/noir. Je lui rappelle qu'il y a des jaunes, des rouges, des bruns, etc, et qu'ailleurs les Japonais méprisent les Taïwanais, les Européens pensent que les Arabes sont sales, et que le noir-et-blanc n'est qu'une pièce de l'énorme et affreux puzzle. Il devient rapidement distrait puis commence à poser des questions sur Pierre et si nous sommes mariés. Je lui explique que "oui, nous sommes mariés" pour garder les choses... simples. "Bien", il fait, "Je voudrais savoir comment je peux faire pour avoir une femme blanche". Je vous épargne ma réponse, mais quelque chose lui fait s'exclamer "Jésus était blanc", et j'esquisse un grand sourire "Jésus n'était pas blanc, il était du Moyen-Orient". "Vraiment?". "Ouais, peut-être qu'il était Chinois ou nabot. Personne n'en a jamais rien écrit ou pris de photos. Personne ne sait. Il est quand-même très probable qu'il fut bronzé". L'esprit du type passe tellement vite d'un sujet à l'autre, comme un gamin. C'est impressionnant. Après quelques autres sauts, il revient au point de départ et son affirmation que tout est tellement plus dur pour les Noirs, donc je me penche tout près de lui et dit gentiment "Tu veux que je te dise qui c'est qui en bave vraiment selon moi?! Les femmes. Les femmes en bavent. Plein d'hommes comme toi ne les laissent pas entrer dans les églises ou prendre des décisions pour la communauté, elles sont violées et on dit que c'est leur faute, vous leur déniez même le droit de vote, et vous les traitez bien trop souvent comme des ânes battus. Oui, vous en bavez jusqu'à ce que vous regardiez vos femmes, donc si vous voulez une bonne compréhension de ce que c'est que d'en baver, allez leur parler". C'était très cathartique pour moi comme vous pouvez deviner. Après tout ça, il me dit de manière étonnante "Je t'aime bien, tu dis la vérité". Ça me fait rire. Il est vraiment drôle, dans un style bizarre. Il voulait vraiment parler et écouter et apprendre et partager. Jamais défensif ou en colère, juste intéressé dans l'échange d'idées. Je voulais vraiment savoir pourquoi il était si curieux. La plupart des gens sont éduqués de manière à croire certaines choses sur, euh, à peu près tout - mais très souvent il n'y a ni information ni conversations dans la communauté pour contester ces idées reçues. Tellement de gens grandissent croyant la même chose, mais avec le pressentiment que quelque chose cloche ou manque. Quand finalement ils arrivent à partager leurs idées avec d'autres personnes qui ont des opinions ou des problèmes différents, beaucoup d'Africains que nous avons rencontrés semblaient tout absorber et apprécier le dialogue (avec l'exception des Arabes Musulmans les plus stricts (pour moi)).

A part ça, je n'ai pas beaucoup passé de temps avec les autochtones. Je suis à peu près sûre que c'est parce que je commence à me languir d'avoir une maison, pratiquer une forme d'art, les amis et la famille, et avoir le bien précieux de la solitude et une réelle vie privée quand j'en ai besoin. Mais par-dessus tout, avoir une maison. Peut-être que c'est l'approche de la fin d'un continent, ou une phase, ou la chaleur, ou, ou, ou... l'esprit tourne et tourne.


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