Tuesday - July 29, 2003

Hard ways in Kenya

Take two days of beating, it's so good
Chemins difficiles au Kenya - Fais-toi tabasser pendant deux jours, c'est tellement bon!

Kenya is usually the picture most people have in mind when they think of Africa. But like anywhere, the image is the tiniest crust of what lies beneath. Democracy didn't come to Kenya until 1963, and land began to be redistributed from the white European farmers back to the local Kenyans. Problem is, as sometimes happens when colonizing countries withdraw, is that the infrastructure that was in place collapses, and in many ways leaves the local people in greater economical strife than they'd experienced during colonization. Such was the fate of Kenya. But Kenya's first democratically elected president, Kenyatta, did a fantastic feat and turned Kenya into one of the most prosperous and stable nations in Africa until his death in 1978. Then came trouble...the V.P. Moi was installed and under his 25 year rule, much corruption, censorship, and arrests of civilians for dissent occurred, and anyone who ran against him was jailed without trial. Eventually people's outcry caused for him to step down, which he did peacefully, and the newly elected president is now Mwai Kibaki. Immediately when we entered Kenya, people told us how they loved Kibaki and were finally free to speak and be heard. That since his election in Dec 2002, they had seen changes to a country that had been left to decompose for two decades. I went out and bought a book on Kibaki, and will say any country would be LUCKY to have such a man for their leader. His life has been spent doing tireless work for his people and the economy. Even when the World Bank offered him a position as V.P. a few years ago, he declined saying, ' Kenya needs me more, I will stay and help my people'. I can't wait to see what will happen to Kenya in the next few years under his guidance.

Kenya has the 3rd largest gap of any country between rich and poor, with 42% existing on less than 60 KShillings (90 cents) a day. The literacy rate is 79%. In 15-24 year olds it is 95% (hey, I think thats higher than Americans). 80% of Kenya's income is through the agriculture crops of coffee, tea, and tobacco. Kenyans have the straightest, whitest teeth of any people I have seen.

Crossing into Kenya, nay has a border crossing ever been easier. "Say No To Corruption" signs adorned the police officer's stations, and a quick swish in, swish out and we were into our 12th country, Kenya. We stop the bikes and Pierre goes up to the police station, and everyone gathers around. The people are immediately different. Very dark, silent, shy, and plenty of space is given to me and my bike, whereas other countries, the people come as close as possible. I turn to meet about 60 pair of eyes, all serious and curious. All guys from 6-60 years in age. They just quietly stare, so I sit back and look at them, one by one and enjoy the humor of us staring at each other, fascinated by one another. This causes some to blush and turn away, and even when I invite 3 ten year olds up to look at the bike, they giggle and disappear.

We camped at the cop station and befriended an overland truck full of Europeans. We hired an armed policeman to travel with us (in the overland truck) and set out the next day to make the 500 km drive through rough piste. I know I keep saying this, but really, we both agree, this piste was the worst we've suffered from thus far on our trip. More than the Sahara, more than Ethiopia. The beginning was beautiful and easy. We shared the road with Baboons, a Wild Dog, Ostrich (their eyes are bigger than their brain), Warthogs, and Guinea Fowl. Two feet deep ruts were left over from rain season, and the sands were red, green, yellow and mauve. Joy at being in Kenya quickly gave way to fits of scream and anger as the piste grew increasingly difficult. Not technically, but physically and nervously. The days ride took 11 hours with multiple stops. Almost the entire road is deep corrugations, which on a bike is the same thing as someone taking a baseball bat to your knees, back and wrists, and beating on you for a good while. Large loose rocks, sand, and intense equatorial sun were other highlights. Alas, who's complaining? We did miss the AK47 rebel attack on the police station in Sololo by two days, after which the border was closed down. An exciting and new adventure everyday.

At the end of the long day, we checked into a hotel room. The stainy-brown bed-sheets and stinky communal toilets were too much for me, and I went into the shower and had a good cry. I was mad at Pierre too, though I can't remember why. Crying is so good. My elixir.


Le Kenya est souvent l'image que les gens ont en tête quand ils pensent à l'Afrique. Mais comme partout, l'image est la fine croûte de se qui gît en-dessous. La démocratie n'est apparue au Kenya qu'en 1963, et la terre comença à être redistribuée des fermiers blancs européens aux autochtones kenyans. Le problème, qui peut arriver lorsque le pays colonisateur se retire, est que l'infrastructure en place s'écroule et souvent laisse les habitants en plus grande difficulté économique que ce qu'ils connaissaient durant la colonisation. C'est ce qui attendait le Kenya. Mais le premier président démocratiquement élu, Mr Kenyatta, fit un boulot superbe et transforma le Kenya en un des pays les plus prospères et plus stables en Afrique, jusqu'à sa mort en 1978. C'est ensuite que les problèmes commencèrent... Le vice-président, Mr Moi, a été intronisé et son régime pendant 25 ans fut marqué par la corruption, la censure et les arrestations arbitraires, et ceux qui se présentaient contre lui étaient arrêtés sans procès. Finalement, la protestation populaire le força a quitter ses fonctions, ce qu'il fit en paix, et le nouveau président est maintenant Mwai Kibaki. Dès que nous sommes entrés au Kenya, les gens nous ont dit combien ils aimaient Kibaki et étaient finalement libre de parler et d'être entendus. Que depuis son élection en décembre 2002, ils avaient vu les chhangements dans un pays qui avait été laissé en décomposition pendant 20 ans. Je suis sortie acheter un livre sur Kibaki, et je dois dire que n'importe quel pays aurait bien de la chance d'avoir un tel homme comme dirigeant. Sa vie entière a été consacrée à faire des grandes choses pour son peuple et l'économie. Même quand la Banque Mondiale lui a offert le poste de vice-président, il a refusé en disant: "Le Kenya a plus besoin de moi, je vais rester et aider mon peuple". Je suis curieuse de voir ce qui arrivera au Kenya dans les prochaines années sous sa direction.

Le Kenya a le 3ème plus grand écart au monde entre riches et pauvres, avec plus de 40% vivant avec moins d'un dollar par jour. L'espérance de vie y est de 50 ans avec un taux de alphabétisation de 80%. Chez les 15-24 ans, il y est de 95% (hé, je pense que c'est plus que chez les Américains). 80% des revenus du Kenya viennent de l'agriculture avec des récoltes de café, thé et tabac. Les Kenyans ont les dents les plus blanches et les plus alignées que j'ai jamais vues.

Pour entrer au Kenya, jamais un franchissement de frontière n'a été aussi facile. "Dîtes non à la corruption" affichent des signes au bureau de douane; une entrée-sortie en vitesse et nous sommes dans notre 12ème pays, le Kenya.
Nous arrêtons les motos, Pierre se dirige vers la station de police, et tout le monde se rassemble autour. Les gens sont immédiatement différents. Très noirs, silencieux, timides, ils nous laissent plein d'espace à moi et mes motos alors que dans les autres pays, ils s'approchaient le plus possible. Je me retourne et rencontre 60 paires d'yeux, tous sérieux et curieux. Tous d'hommes et garçons entre 6 et 60 ans. Ils ne font que fixer en silence, donc je m'assieds et les regarde un par un et apprécie l'humour de chacun dévisageant l'autre, fasciné l'un par l'autre. Certains rougissent et se retournent, et même quand j'invite 3 garçons d'une dizaine d'années à regarder les motos, ils rient embarrassés et disparaissent.

Nous campons à la station de police et nous lions d'amitié avec un 'overland truck' plein d'européens. Nous embauchons un garde armé pour voyager avec nous (dans l'overland) et partons le jour suivant pour faire 500 km de mauvaise piste. Je sais que je l'ai dit plusieurs fois, mais vraiment, nous sommes tous les deux d'accord, cette piste était la pire que nous nous soyons tapé du voyage. Plus que le Sahara, plus que l'Ethiopie. Le début est superbe et facile. Nous partageons la route avec babouins, chiens sauvages, autruches (leurs yeux sont plus gros que leur cervelle), phacochères et pintades. La saison des pluies a laissé des ornières de plus de 50 centimètres, et le sable est rouge, vert, jaune et mauve. La joie d'être au Kenya laisse vite place à des bouffées de colère et de cris alors que la piste devient de plus en plus difficile. Pas techniquement, mais physiquement et nerveusement. L'étape du jour a pris 11 heures avec de nombreux arrêts. A peu près la totalité de la route est composée de profonde tôle ondulée, ce qui sur une moto est la même chose qu'un type te tabassant les genoux, le dos et les poignets avec une batte de base-ball pendant un mauvais quart-d'heure. Gros cailloux libres, sable et intense soleil équatorial sont d'autres plaisirs. Hélas, qui se plaint? Nous avons raté de 2 jours une attaque des rebelles à la kalachnikov sur la station de police de Sololo, après quoi la piste fut fermée. Un nouvelle aventure chaque jour.

A la fin de la piste, nous avons trouvé une chambre d'hôtel. Les draps bruns et les toilettes communales qui puent étaient trop pour moi, et je suis allée sous la douche pour pleurer un bon coup. J'étais en colère contre Pierre aussi, mais je ne me souviens pas pourquoi. C'est tellement bon de pleurer. Mon élixir.

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