Tuesday - November 18, 2003

Apart

In life as in death
Séparés - Dans la vie comme dans la mort

* South Africa has 11 official languages, including Afrikaans, English, Ndebele, Pedi, Sotho, Swazi, Tsonga, Tswana, Venda, Xhosa, and Zulu.

Crossing the border into South Africa is easy. Easy as cake, and it's another indication that Pierre and I are returning to more developed areas. The barren landscapes turn immediately to rolling hills and lush mountains, but the people landscape changes just as fast - in the opposite way. A despicable way one might say. After the border crossing we ride for an hour and finally stop for a break and to talk. We both pull our helmets off with our mouths hanging open, because neither one could believe what we were seeing. The remains of Apartheid.

Town after town had the exact, identical layout. Each town is partitioned off into 3 sections like one would imagine in the military. In the section furthest from the town's center is the shanty area where every house is made in corrugated sheets of metal, rusted iron, and cardboard. All have dirt floors and dusty streets; there is no electricity (except for one, 100 ft high mono light like you see at a baseball game) to light the entire area, and during day light, everyone bakes in the open sun. This of course is where the black man lives. His shanty village continues like this, right up to a road where it abruptly ends. Across this road, the housing changes drastically. This is the "brown people section". The - 'not white', 'not black', 'didn't know what to do with' - people. So they were given concrete fabricated housing. An entire neighborhood of identical, small, concrete boxes. Not so bad though when you see how your black neighbor across the street has it. These fabricated boxes with their dusty yards are also strictly kept in one section and continue right up to a road where they abruptly end. Across this road, we finally make it to Whitey-ville. Nice houses of wood and stone. They are all painted and even have little cars parked out front in the driveways. The real luxuries of Whiteyville however, are asphalt and shade. Trees are everywhere in this section of town, while everyone else bakes in the sun. Sidewalks keep you safely off the street, and grass covers that otherwise icky dirt. Stores, air-con, and family pets all exist for one another in this bubble built by other's misery.

Everyone knows free labor builds amazing things, and South Africa is a pristine testament. Even the graveyards are separated by color. Whitey on the right, and the other ones to the left. Pierre and I were laughing. It looks like a scary movie set. We've heard about it, read about it, but to actually see it is something else and we can't believe this still exists today. The "Today" 1,000 years ago felt modern to those people, and the 'today' on this December 17th, 2003 might feel modern to us, but we are far from any such thing.

In regard to people, I realize epiphanies are a rare thing and change occurs slowly. And although my mouth is agape, I do believe overall that things are happening for the good in Africa. I can't wait to get to villages and cities to talk with others about their perceptions and this post-Apartheid Africa.


* L'Afrique du Sud a 11 langues officielles: Afrikaans, Anglais, Ndebele, Pedi, Sotho, Swazi, Tsonga, Tswana, Venda, Xhosa, et Zulu.

Il est facile de franchir la frontière pour entrer en Afrique du Sud. Vraiment du gâteau, et c'est une indication de plus que Pierre et moi revenons dans des zones plus développées. Les paysages dénudés tournent immédiatement en riches collines et montagnes vertes, mais le paysage humain change tout aussi vite - de la manière inverse. D'une manière ignoble, on pourrait dire. Après la frontière, nous conduisons pendant une heure et nous arrêtons finalement pour faire une pause et parler. Nous retirons tous les deux nos casques et restons bouche-bée, parce que ni l'un ni l'autre ne peut croire ce que nous voyons. Les restes de l'Apartheid.

Ville après ville, c'est le même schéma à l'identique. Chaque agglomération est divisée en 3 sections comme on pourrait l'imaginer dans l'armée. Dans la section la plus éloignée du centre-ville, c'est la zone de bidonvilles où chaque maison est faite de plaques de tôle ondulée, de fer rouillé et de carton. Partout les sols et les rues en terre; il n'y a pas l'électricité (sauf pour les projecteurs sur un unique pylône de 30 mètres de haut comme vous voyez dans un stade de foot), et tout le monde cuit en plein soleil. Ceci est bien sûr l'endroit où vit le Noir. Son bidonville continue comme ça, jusqu'à une route où il s'arrête brusquement. De l'autre côté de cette route, les maisons changent radicalement. C'est la "section des bronzés". Les "pas-blancs pas-noirs on-sait-pas-quoi-faire-avec". Donc on leur a donné des maisons en préfabriqué. Pas mal quand-même quand tu vois ce qu'a reçu ton voisin noir. Les boites en préfabriqué avec leurs jardins de poussière sont aussi strictement gardées en une seule section et s'étendent jusqu'à une route où elles s'arrêtent brusquement. De l'autre côté de cette route, on arrive finalement à Blanc-Ville. Jolies maison de pierre et de bois. Elles sont toutes peintes et ont même des petites voitures parquées sur les allées. Mais les vrais luxes de Blanc-Ville, ce sont l'asphalte et l'ombre. Les arbres sont partout dans cette section de la ville, alors que tous les autres cuisent au soleil. Les trottoirs te gardent précieusement hors de la rue, et le gazon recouvre ce qui ne serait autrement que de la poussière dégueu. Les magasins, l'air conditionné, et les animaux de compagnie sont tous à la disposition des uns et des autres dans cette bulle construite par la misère des autres.

Tout le monde sait que la main d'oeuvre gratuite permet de construire des choses étonnantes, et l'Afrique du Sud en est un testament éclatant. Même les cimetières sont séparés par couleur. Le Blanc à droite, et les autres à gauche. Pierre et moi rigolons. On dirait un décor de film d'horreur. Nous en avions entendu parler, nous l'avions lu, mais c'est quelque chose d'autre que de le voir et nous n'arrivons pas à croire que ça existe encore de nos jours. Le "de nos jours" d'il y a 1000 ans semblait moderne aux gens d'alors, et le aujourd'hui en ce 17 décembre 2003 peut nous sembler tout aussi moderne, mais nous en sommes bien loin.

En ce qui concerne les gens, je réalise que les épiphanies sont une chose rare et que le changement n'arrive que lentement. Et même si j'en reste baba, je crois qu'au total les choses évoluent pour le mieux en Afrique. Je suis impatiente d'aller dans les villes et villages et parler avec d'autres de leur perceptions et de l'Afrique de l'après-Apartheid.


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