Friday - November 14, 2003

Solo mio

Let me chant the Buddha
Laissez-moi chanter le Bouddha

A concern that comes more and more to a head with me is my need to travel on my own for awhile. It is not to get away from Pierre or anything else, it is simply to just be alone, get perspective and reflect on our trip, my life, and so on with no real external influences. In San Francisco I used to ride my bike for hours and disappear into book stores, coffee shops, galleries and then come home and paint for hours while listening to music, drinking red wine, with my dog's head in my lap. Cell phone off, door latched, and a sense of peace that can only come from uninterrupted solitude/personal space which I desperately need at intervals.

The other reason I need to travel solo is to make mistakes on my own and learn from them. I need to know that I can cross borders, have conflicts, and make difficult decisions in far off lands without always knowing Pierre is there to help me. (Pierre is much better traveled than I). I always have a crutch to fall back on with Pierre, an all too good one sometimes - to which I am ever grateful. He knows what it is to travel alone, and with another, but I do not, and I need to know what it feels like to do these things completely on my own.

One morning we take the decision to split-up for the day, to take two separate paths, and meet up that night. This is perfect timing because the rear shock on my motorcycle has just gone out which means I can only drive on asphalt, and because Pierre and I were in an argument anyway, so it all worked out for all. So, this morning we leave Swakopmund after 10 days and head separately towards Rehoboth (probably not on your map...). It was hot, barren, and so insanely strange to be alone after almost a year. Really. I was simultaneously much more relaxed, and more nervous. My brain lit a fire and so much chaos and voices and images flooded it for hours upon hour. Like it had all been waiting to get out. It didn't go out though, it circled in my brain-pan and made me crazy. I drove at what ever speed I wanted, stopped on whims to walk around, and found the whole experience exhilarating. I thought about the women in places like Yemen and Iran who have probably never been alone outside in their lives, which to me there is no quicker way to insanity.

I arrived before Pierre at our campsite and started pitching the tent during a wind and dust storm. I tried to chant the Buddha, relax and persevere the experience, but enough is enough, and after 30 minutes of frustration I started yelling *!^%$#x*?!s and had a tantrum. Just then who should pull up but my French hero. Hahahaha oh the irony.

We decide to split up again the next day and find our separate ways to the campsite in Maltahohe. The grounds are ran by an intense German man who looks like a 6 ft tall gnome, and is the top dog and patriarch of 7 Chihuahuas. From here we continue towards Sossusvlei where the world's tallest dunes live. Our ride takes us through amazing countryside and landscapes. We see birds building nests that look more like 600-pounds bee-hives, and colors you will never find in a paint tube.



We find a Spotted Owl lying in the middle of the road. He has been hit by a car and his wing is broken, so we stop and sit next to him for awhile. Pierre talks to him and takes him gently up in his hands. The owl is calm and he stares at us with his huge, wise old eyes. He's more intelligent looking than anyone I've seen in awhile. He stares from Pierre to me, and we walk with him to the shade and set him under a tree which he lets us know he likes much better than the hot sun. I say, "We have to kill him, but I can't do it." And as I am away looking for a stone I hear an the sound of one smashing and I understand that Pierre has killed the owl so I wouldn't see. He said the owl had been so calm, "but as soon as he saw me lift the stone, his eyes went full of fear and he screamed at me". It affected Pierre deeply, and when we got back on our bikes I couldn't stop crying. I wish we had put a cloth over the owl's eyes, and I wonder too, if what we did was right. We have tried to save or help many animals along our path and more times than not, I think we made things worse.




Un souci qui me vient de plus en plus souvent à l'esprit, c'est mon besoin de voyager par moi-même pendant un moment. Ce n'est pas pour m'éloigner de Pierre ou quoi que ce soit, c'est simplement pour être seule, avoir de la perspective et réfléchir au voyage, à ma vie et tout le reste sans vraies influences extérieures. A San Francisco, j'avais l'habitude de chevaucher mon vélo pendant des heures et disparaître dans les bibliothèques, les cafés, les galeries et rentrer à la maison et peindre pendant des heures en écoutant de la musique, buvant du vin rouge, avec la tête de mon chien sur mes genoux. Le portable débranché, la porte fermée, et un sentiment de paix qui ne peut venir que d'un sentiment d'espace personnel dont j'ai désespérément besoin de temps à autres.

L'autre raison pour laquelle j'ai besoin de voyager seule, c'est de faire mes propres erreurs et d'en tirer quelque chose. J'ai besoin de savoir que je peux franchir des frontières, entrer en conflit, et prendre des décisions difficiles dans des contrées lointaines sans toujours savoir que Pierre est là pour m'aider (Pierre a voyagé bien plus que moi). Avec lui, j'ai toujours une béquille où m'appuyer, une bien trop bonne quelquefois - pour laquelle je suis toujours reconnaissante. Il sait ce que c'est que de voyager seul, et avec un autre, mais pas moi, et j'ai besoin de savoir que je peux faire ces choses complètement par moi-même.

Un matin, nous prenons la décision de se séparer pour la journée, de prendre deux chemins différents, et de se retrouver le soir. Ça tombe parfaitement parce que l'amortisseur de ma moto a rendu l'âme ce qui veut dire que je ne peux conduire que sur l'asphalte, et comme Pierre et moi venions de nous disputer de toute manière, ça marche de tous les côtés. Donc ce matin nous quittons Swakopmund après 10 jours et nous dirigeons séparément vers Rehoboth (probablement pas sur votre carte...). Il faisait chaud, c'était désert, et incroyablement étrange d'être seule. Vraiment. J'étais simultanément bien plus détendue et plus nerveuse. Ma cervelle s'est mise en feu et tellement de chaos et de voix et d'images l'ont inondée pendant des heures et des heures. Comme si tout ça avait attendu d'en sortir. Mais ce n'en est pas sorti, ça me tournait dans la calebasse et me rendait folle. Je conduisais à l'allure que je voulais, m'arrêtais sur un coup de tête pour marcher un peu, et trouvais l'expérience étourdissante. Je pensais aux femmes dans des endroits comme le Yemen ou l'Iran qui ne sont probablement jamais sorties seules de leur vie, ce qui pour moi ne serait rien d'autre que le chemin le plus rapide vers la folie.

Je suis arrivée avant Pierre au camping et je commence à planter la tente dans une tempête de vent et de poussière. J'essaie de chanter le Bouddha, me détendre et continuer l'expérience, mais assez est assez, et après 30 minutes de frustration, je commence à hurler des *!^%$#x*?!s et faire une crise. Juste au moment qui c'est qui arrive, mon héros français. Ah ah ah oh, l'ironie.

Nous décidons de nous séparer à nouveau le jour suivant et arrivons par différents chemins au camping de Maltahohe. L'endroit est tenu par un Allemand intense qui a l'air d'un gnome d'1m 80, qui se trouve être le chef de meute et le patriarche de 7 chihuahuas. D'ici nous continuons vers Sossusvlei où vivent les plus hautes dunes du monde. Notre virée nous emmène à travers des paysages étonnants. Nous voyons des oiseaux construire des nids qui ressemblent à des ruches de 300 kilos, et des couleurs que vous ne trouveriez jamais dans un tube de peinture.



Nous trouvons un Hibou Tacheté étendu au milieu de la route. Il a été touché par une voiture et son aile est cassée, donc nous nous arrêtons et nous asseyons à côté de lui pendant un petit moment. Pierre lui parle et le prend gentiment dans les mains. Le hibou est calme et nous regarde avec ses grands yeux de vieux sage. Il a l'air plus intelligent que quiconque j'ai vu ces derniers temps. Son regard va de Pierre à moi, nous marchons pour le mettre à l'ombre et l'installons sous un arbre où il nous fait savoir qu'il est bien mieux que sous le soleil brûlant. Je dis "Nous devons le tuer mais je ne peux pas le faire". Et alors que je suis à l'écart pour trouver une pierre, j'en entend une s'écraser et je comprends que Pierre a tué le hibou de manière à ce que je ne puisse voir. Il dit que le hibou était vraiment calme "mais dès qu'il m'a vu lever la pierre, ses yeux se sont remplis de peur et il m'a crié dessus". Ça a affecté Pierre profondément et quand nous sommes remontés sur la moto, je ne pouvais pas m'arrêter de pleurer. J'aurais souhaité avoir un morceau de tissu pour couvrir les yeux du hibou, et je me suis aussi demandé si ce que nous avions fait était la chose à faire. Nous avons essayé de sauver ou d'aider de nombreux animaux sur notre route mais la plupart du temps, je pense, nous n'avons fait qu'empirer les choses.


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