Friday - May 02, 2003

Paper and Plastic

The two plagues of the colonization
Papier et Plastique - Les deux plaies de la colonisation

Great civilizations have always left their marks on those they considered more primitive. With succeeding waves around the Mediterranean sea and throughout the World, the Mankind went through the Age of Bronze and the Age of Iron; adopted the zero and the meter; perfected scripting systems and operating systems; submitted to nuclear dissuasion and democracy. It is the march of progress, nothing will stop it.

Africa underwent two drastic changes due to two waves of colonization in the past century. The first wave, called "good old-fashioned colonization", brought the Paper. The second wave, called "neo-colonization", brought the Plastic. These two fingerprints of the Western world will leave their traces in the African landscape for the generations to come: the Paper under the form of the Paperwork, the Plastic under the Plastic Bag.

Les grandes civilisations ont toujours laissé leurs marques sur celles qu'elles considéraient plus primitives. Par vagues successives autour de la Méditerrannée et à travers le Monde, l'Humanité connut l'Age du Bronze puis l'Age du Fer; adopta le zéro et le mètre; perfectionna les systèmes d'écriture et les systèmes d'exploitation; se soumit à la dissuasion nucléaire et à la démocratie. C'est la marche du progrès, rien ne l'arrêtera.

L'Afrique connut deux bouleversements dus à deux vagues de colonisation durant le siècle passé. La première vague, appelée "bonne vieille colonisation", apporta le Papier. La deuxième vague, appelée "néo-colonisation", apporta le Plastique. Ces deux empreintes de l'Occident laisseront leurs traces dans le paysage africain pour les générations à venir: le Papier sous forme de Paperrasserie, le Plastique sous la forme du Sac-Plastique.


No matter the amount of paperwork you bring with you, you are sure to leave at least double that amount in each country you cross. Authorizations, attestations, registrations, laisser-passers, travel permits, carnets de passage, customs forms, certificates, vouchers, receipts, tolls, tickets, fines, IDs... Take them here. Leave them there. Pay everywhere. It creates mountains of papers in offices shelves throughout the continent, stacked in the dust, disintegrating with time. These mountains of paper, totally useless because nobody will ever look through them again, leave those who created them frustrated by the lack of meaning it gives to their jobs. So they seek refuge into the law. The law is the law: no debate, no questioning. It cuts short all existential interrogation. Everything is done by the book and each article is enforced by the letter.

How to deal with it? As a Westerner, you can feel a bit of guiltiness, and thus show some understanding, because all that paperwork was brought in by your fathers and grand-fathers. You can also feel a bit a relief because you are just crossing: things are much worse for the locals who have to live with it. But the best thing to do, as always in Africa, is to be patient, smile and initiate the conversation. And then you can have some quite funny moments!

Quelle que soit la quantité de paperasserie que tu emportes avec toi, tu es sûr d'en laisser au moins deux fois le volume dans chaque pays que tu traverses. Authorisations, attestations, enregistrements, papiers d'identité, laisser-passers, permis de circuler, carnets de passage, formulaires de douanes, certificats, coupons, reçus, péages, amendes, tickets... Prend-ça ici. Laisse-le là. Paye partout. Ça créé des montagnes de papiers sur les étagères de bureaux à travers tout le continent, entassées dans la poussière, se désintègrant avec le temps. Ces montagnes de papiers, totalement inutiles parce que personne n'ira jamais y chercher quoi que ce soit, laissent ceux qui les ont créées frustrés par le manque de sens que cela donne à leur travail. Donc ils cherchent refuge dans la loi. La loi est la loi: pas de débat, pas de question. Ça coupe court à toute interrogation existentielle. Tout est fait selon les textes et chaque article est appliqué à la lettre.

Comment gèrer ça? En tant qu'Occidental, tu peux ressentir un peu de culpabilité, et donc montrer quelque compréhension, parce que toute cette paperrasserie fut apportée par nos parents et grand-parents. Tu peux aussi ressentir un peu de soulagement parce que tu ne fais que passer: la situation est bien plus rude pour les autochtones qui doivent vivre avec. Mais la meilleure chose à faire, comme toujours en Afrique, c'est d'être patient, sourire et démarrer la conversation. Et ensuite, tu pourras passer des moments vraiment marrants!



If the Paperwork is a sore to the common sense, the Plastic Bag is a sore to the eye. It used to be that every good sold at a store or at the market was delivered wrapped into newspaper. Coming back home, the customer would unwrap the good, light up a fire with the paper and, most of the time, cook the good on the fire. This wonderful mechanic of recycling got gripped 5 or 10 years ago when it became cool to sell everything in plastic bags - very thin, very light, plastic bags. White, yellow, blue and most of the time black plastic bags... The customer unwraps the good and throws away the bag, which starts a new life flying into the air and landing miles and miles away. By some wonders of aerodynamics, certain places are more prone than others to receive that gift from the sky. Entire fields look like they have been planted to grow plastic. Groves of acacias are turned to Christmas Trees of plastic. It's everywhere and it's here to stay.

How to deal with it? I don't know.

Si la Paperrasserie est une injure au bon-sens, le Sac Plastique est une injure au regard. Dans le temps, toute marchandise vendue dans un magasin ou au marché était emballée dans du papier-journal. En revenant à la maison, le client déballait la marchandise, allumait un feu avec le papier et, la plupart du temps, cuisinait la marchandise sur le feu. Cette merveilleuse mécanique de récupération s'enrailla il y a 5 ou 10 ans quand il devint cool de tout vendre dans des sacs-plastique, des sacs-plastique très fins et très légers. Des sacs blancs, jaunes, bleus et la plupart du temps noirs... Le client déballe la marchandise et jette le sac qui démarre une nouvelle vie en s'envolant dans les airs pour atterrir à des kilomètres et des kilomètres plus loin. Grâce aux merveilles de l'aérodynamique, certains endroits sont plus enclins que d'autres à recevoir cette manne céleste. Des champs entiers ont l'air d'avoir été ensemencés pour faire pousser du plastique. Des bosquets d'acacias sont transformés en Arbres de Noël de plastique. C'est partout et c'est là pour rester.

Comment gèrer ça? Je ne sais pas.


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