Thursday - June 05, 2003

My career as a politician

I can't stand being anonymous no more
Ma carrière de politicien - Je ne supporte plus d'être anonyme

One of the most difficult things for me to support when we were stuck without our motorcycles was to be anonymous. Merritt doesn't get to experience it as everywhere she goes, most males when crossing her path stare at her as if she had two heads and then turn over as if a tail was growing off her back. The only public interest I manage to raise on my own doesn't count: it's the usual "gimme pen, gimme money" that even the faintest shade of white on your skin will attract.

We are finally back on wheels and we are heroes again. When they see us, kids rush out of their houses screaming. Truck drivers honk at us. Men raise their fists like at a soccer game. 300 times a day we wave back "Hello! Bonjour!". I feel like a candidate on campaign and I polish my moves. To the youth, I answer with a thumb up; to older men, I give a military salute; to excited kids, I wave my hand; to the shy ones, I calmly extend my arm. 300 times a day. And I don't count all the times I quickly honk or give a head shake because it's too dangerous to get one hand off the handlebar. 300 times a day. Multiply it by 365 days a year, that's more than 100,000 people a year waving at you. Hundreds of "Hello!", hundreds of "Bonjour!" everyday.

And everywhere we stop, the crowd gathers. Kids run down the hill or up from the valley. Adults follow. Then it depends on the country or the region. In Algeria, they flood you with cheers and questions. In Niger, they all stare silent and immobile 3 feet away from you. In Nigeria, they yell, push and sometimes fight to be as close as possible to you. In Chad, they try to grab your breasts or do your pockets. In the Ethiopian countryside, they stand like in Niger but more relax and 10 feet away. In the Ethiopian towns, they talk and laugh a lot amongst them, then they smile at the camera.

We have had some truly unforgettable moments of fame, amongst those...
- El Oued, Algeria: The kids coming out of the school at the end of the day made a hallway of several hundred yards in the middle of the road like for the Tour de France.
- Maradi, Niger: We stopped for gas and by the time the first bike was filled up, 200 persons from all ages had gathered around us and dozens more were converging toward the gas station. A policeman came to calmly disperse the crowd and allow us to continue our trip.
- Maiduguri, Nigeria: An even larger crowd rushed towards us as soon as we stopped to buy gas at the black market. All were strong men or teenagers. No kids nor elderly: they would have been crushed under the pressure. Everybody was pushing to get a chance to touch the bikes. The seller took a water hose and slammed it several times like a machete to carve his way through to the motorcycles. At no point we felt threatened but we knew that a single spark, a bad reaction, could have started quite an explosion - and not just because of the vapors of gas and the scorching hot temperatures. When we started the engines, the crowd opened in two compact walls and we left amid waves of yelling male voices.

Celebrity has only one drawback, especially traveling with a chick: it's that we have to carefully choose the place when we want to take a leak. The rest of the time, it fills us up with a most welcome energy, particularly during these moments when minds are tired and bodies ache. All these crowds that cheer us up and hope we would stop even for 2 minutes don't realize that in fact they give us the strength to go further on our way. "Hello! Bonjour!"... Hello! Bonjour!"... Fame is sooo good! We would never trade our bikes for a stupid 4x4.


Une des choses les plus difficiles pour moi à supporter quand nous étions bloqués sans nos motos, c'était d'être anonyme. Merritt n'est pas affectée parce que partout où elle va, la plupart des mâles quand ils croisent son chemin la dévisagent comme si elle avait deux têtes puis se retournent comme si une queue lui poussait dans le dos. Le seul intérêt que je suscite par moi-même ne compte pas: c'est l'habituel refrain "donne-moi stylo, donne-moi argent" que même la plus faible nuance de blanc sur ta peau va attirer.

Enfin, nous retrouvons nos roues et nous sommes à nouveau des héros. Quand ils nous voient, les gosses se ruent hors de la maison en hurlant. Les camionneurs klaxonnent. Les hommes dressent le poing comme à un match de foot. 300 fois par jour nous saluons en retour "Hello! Bonjour!". Je me sens comme un candidat en campagne et je soigne mes gestes. Aux jeunes, je réponds d'un pouce levé, aux vieux, je donne un salut militaire; aux gamins excités, je salue de la main; aux timides, j'étends calmement le bras. 300 fois par jour. Et je ne compte pas toutes les fois où je klaxonne brièvement ou donne un signe de la tête parce qu'il est trop dangereux de lever une main du guidon. 300 fois par jour. Multiplie par 365 jours par an, ça fait plus de 100.000 personnes par an qui te saluent. Des centaines de "Hello!", des centaines de "Bonjour!" tous les jours.

Et partout où nous nous arrêtons, la foule se rassemble. Les gosses accourent du haut de la montagne ou du bas de la vallée. Les adultes suivent. Ensuite ça dépend du pays ou de la région. En Algérie, ils t'inondent de cris et de questions. Au Niger, ils t'observent silencieux et immobiles à un mètre de distance. Au Nigeria, ils hurlent, poussent et quelquefois se battent pour être aussi près que possible de toi. Au Tchad, ils essaient de te peloter les seins ou te faire les poches. En Ethiopie dans les campagnes, ils se tiennent comme au Niger mais plus à l'aise et à 3 mètres de distance. Dans les villages, ils parlent et se marrent entre eux, puis sourient devant l'appareil-photo.

Nous avons eu quelques inoubliables moments de gloire, parmi lesquels...
- El Oued en Algérie: Les gosses sortant de l'école à la fin de la journée nous ont fait une haie d'honneur de plusieurs centaines de mètres au milieu de la route comme pour le Tour de France.
- Maradi au Niger: Nous nous sommes arrêtés pour faire le plein et nous en avions à peine fini avec la première moto qu'une troupe de 200 personnes de tous âges s'était rassemblée autour de nous et des dizaines d'autres convergeaient vers la station-service. Un flic est venu pour disperser la foule dans le calme et nous permettre de nous extirper.
- Maiduguri au Nigeria: Une foule encore plus grande s'est précipitée dès que nous nous sommes arrêtés pour acheter de l'essence au marché-noir. Tous des hommes ou des ados costauds, pas de gosses ni de vieux: ils auraient été écrasés sous la pression. Tout le monde poussait pour avoir une chance de toucher les motos. Le vendeur prit un tuyau d'arrosage et l'assena comme une machette pour se tailler un passage jusqu'aux machines. A aucun moment, nous ne nous sentions menacés mais nous savions qu'une simple étincelle, une mauvaise réaction, aurait pu donner une sacrée explosion - et pas uniquement à cause des vapeurs d'essence et de la température d'enfer. Quand nous avons démarré les moteurs, la foule s'ouvrit en deux murs compacts et nous nous éloignâmes dans un concert de voix mâles.

La célébrité a un seul inconvénient, surtout en voyageant avec une nana: il faut choisir avec soin l'endroit où l'on s'arrête pour pisser. Le reste du temps, ça nous rempli d'une énergie vraiment bienvenue, surtout dans ces moments où les corps sont meurtris et les esprits fatigués. Toutes ces foules qui nous célèbrent et espèrent que nous nous arrêterons même 2 minutes ne se rendent pas compte qu'elles nous donnent la force de pousser plus loin notre chemin. "Hello! Bonjour!"... "Hello! Bonjour!"... Que c'est bon d'être célèbre! Pour rien au monde, nous n'échangerions nos bécanes contre un stupide 4x4.

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