Saturday - November 15, 2003

Hiboux et Cailloux

Mauvaise conjugaison
Owls and Stones - Bad conjugation (French pun)



The owl looked at me straight into my eyes, without fear. I bent over to grab him. He did not make a single move. He continued to stare at me with his two big yellow eyes, slowly blinking his eyelids. The poor beast lied in the middle of the path on a magnificent piste of the Namib desert. He must have been hit by a car. No trace of blood, just a broken wing and his body was paralyzed. If we hadn't stopped, he would have died of a long agony, in direct sunlight, in the dust of the occasional 4x4 going through there. I held him softly, he must have weighed a good pound. He wasn't paying any attention to anything that was going around us. Merritt caressed his head and took pictures but it was still me that he was looking at. The owl has always been one of my favorite animals. Between night-owls, we understand each-other. I was caressing him slowly. Wounded animals feel quite well when the human isn't a menace. I walked towards the closest tree, swept the thorns from the ground at the shadiest spot and prepared a little bed with a big flat stone as a pillow. I continued to caress him, he seemed grateful. I slowed down my caresses until he closed his eyes and Merritt went a few feet away. It is at that time that my poor owl re-opened his eyes, suddenly and really wide. For the first time, I read fear. An intense fear. The terror of the last seconds of those who know what's happening to them. His beak opened and the hiss of a cat came out. "Sorry", I said. The large stone that I was holding in my hands turned his horizon black and I felt his skull crack under the shock. It made me sad for an entire week.

A few days later, 1200 miles away, we found by luck the "Owl House". It's a farm in a remote valley that an old wacky woman has decorated for 30 years with dozens of statues of owls. Very therapeutic. And so it's there, amongst his owns, that the spirit of the owl finally gave me the absolution.

La chouette me regardait droit dans les yeux, sans crainte. Je me suis baissé pour la ramasser. Elle n'a pas esquissé le moindre mouvement. Elle continuait à me fixer de ses deux gros yeux jaunes en clignant lentement les paupières. La pauvre bête gisait au milieu du chemin sur une superbe piste dans le désert de Namibie. Elle avait dû se faire rentrer dedans par une voiture. Aucune trace de sang, juste une aile cassée et le corps paralysé. Si nous ne nous étions pas arrêtés, elle serait morte d'une longue agonie, en plein cagnard, dans la poussière du 4x4 occasionnel passant par là. Je la tenais doucement, elle devait peser un bon demi-kilo. Elle ne prêtait aucune attention à ce qui nous entourait. Merritt lui a caressé la tête puis a pris des photos mais c'était encore moi qu'elle regardait. La chouette a toujours été un de mes animaux préférés. Entre oiseaux de nuit, on se comprend. Je la caressais lentement et elle a fermé les yeux à moitié. Les animaux blessés sentent bien quand l'humain n'est pas une menace. Je me suis dirigé vers l'arbre le plus proche, balayé les épines du sol à l'endroit le plus ombragé et préparé un petit lit avec un gros caillou plat comme oreiller. Je continuais à la caresser, elle semblait tellement reconnaissante. J'ai ralenti mes caresses jusqu'à ce qu'elle finisse par fermer les yeux, puis je l'ai laissée. Merritt s'est éloignée de quelques pas. C'est à ce moment que ma pauvre chouette a rouvert les yeux, brusquement et en grand. Pour la première fois, j'y ai lu la peur. Une peur intense. La terreur des dernières secondes de ceux qui savent ce qui leur arrive. Son bec s'ouvrit et sortit un sifflement de félin. "Désolé", j'ai lâché. La grosse pierre que je tenais entre mes deux mains lui obscurcit complètement l'horizon et j'ai senti son crâne exploser sous le choc. Ça m'a rendu triste pendant toute une semaine.

Quelques jours plus tard, à 2000 kilomètres de là, nous sommes tombés un peu par hasard sur la "Maison du Hibou". C'est une ferme dans une vallée isolée qu'une vieille foldingue a décorée pendant 30 ans avec tout un tas de statues de hiboux. Très thérapeutique. Et c'est donc là au milieu des siens que l'esprit du hibou m'a finalement donné l'absolution.

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