Wednesday - May 12, 2004

Creepy Peepers

Parasites all around my bed
Mateurs chelous - Les parasites encerclent mon lit



Yea!!!! Pierre and I are finally traveling in modern and safe enough everything, that we can split up and drive alone for a few days. I don't feel the need to escape Pierre, - I do however, have the need to feel that ancient memory I have of experiencing solitude and privacy that can only come when one is fully alone. So, we awake one day in Pucon, load up the bikes, Pierre takes one road and I take another with plans to meet up in the next night in Valparaiso.

I ride the Pan American highway part way. It is lined with factories pumping pollution, and the speeding semi-trucks and cars of the free-way give a feeling of past and future, but nothing to do with experiencing the present. Everyone in a hurry and with no regard for each-other or the land around them. Gas stations everywhere pumping-pumping-pumping. For gods sake, if you visit South America, refrain from taking the Pan-American anywhere. Take a donkey or a llama, but not this. Especially for a motorcyclist - utter Culturelessness.

I get off on the side roads and drive through vineyards, old forgotten country villages full of inbreeding dogs and feral children. I fly over torn-up asphalt, and I can feel the sun traveling around the sky. I feel a lot of things until it turns dark and I pull into Talca and start trying to make my way across the city. At best I am a broken compass, and over time I have learned if I sense I should go right, I always go left, and in doing this, I am correct 97% of the time. Here in Talca, the streets are smothered. Drowning in lights, noise and speed - people, kids and push-carts. With my crippled Spanish I eventually make it to my hotel. At the reception there are several well-dressed men, and their reaction is hilarious to a disheveled, girl pulling up on a motorcycle. They are funny and take great interest in my footwear. I go to my room, shower, go out to eat, and walk around. I return around 11 p.m. and see there is a new guy at the front-desk. He asks "Hello, are you the girl on the motorcycle?" I answer 'yes', as I walk to my room. 20 minutes later, he knocks on my door and escorts me outside to move my bike. Down to the parking lot, I see that he has no good reason for this, so I tell him "no-way" and return to my room. Eventually he begins calling me, but I can't understand him, so I hang up. He then knocks at my door at 1 am to offer me room service. I tell him to leave me alone. (This is all in Spanish that I can barely speak - and understand even less). After 2 or 3 more episodes of this, I am sure that he's harassing me under the pretext of helping me, so after I slam my door for the 3rd time on him, I am shaking with both anger and nervousness. Nervous because I now can see that there is a crack in my curtain where one could 'peep' if they so desire. So, I wait 5 minutes, leave the lights out, and walk slowly over to the window, peer out, and there he is! Mr. Creepy Peepers! leaning against the wall looking in my room. I swing open the door and scream top-volume at him. He, I am sure, shits his pants and starts running up and down the hallway, turning the lights on, babbling in Spanish. I slam my door and now at 2 am he knocks again to tell me he was only getting firewood. I tell him I am calling the cops and slam the door.

I can't sleep because I am so freaked out that he transgressed so many boundaries, but especially that this would never have happened if Pierre was here. The male dog to fend off the other males. That only when a woman is by herself does this shit happen. I am sick of this behavior and the lack of freedom/safety it instills in the psyche of women. After 30,000+ years of evolution has not the lizard-brain of dominance and gender biases developed beyond this!??! I can't sleep, so I read my Spanish dictionary and learn every word and phrase I need to in order to report him the next day.

The next morning I go out and there he sits, Mr. Creepy Peepers along with the original nice guy. I address the nice guy and proceed to blab away in Spanish I never knew I was capable of. It rolled out of me like a bowling ball and must have been hilarious and beautiful because I am sure my Spanish sounds similar to a person, say, from Japan in the US for the first time. " I no like it" ... "That man, he sick in the head", and so on. Creepy Peepers kept apologizing but I refuse his words and leave (after getting a room discount). I drive that day and actually let it all go which is usually difficult for me. I ride for 8 hours, exploring colors, ideas, the silence, the beauty. Overwhelmed with the insignificance/profoundness in everything. I pull into Valparaiso around 7 pm, check into a hotel room, and as I'm opening up the window my beau-hunk Pierre pulls up on his bike. I hang out the window and wave to my 'homme-objet' - it's the first time we have spent time apart in over 11,500 hours. We take each-other out for dinner and laugh about my experience and how we wish Pierre could have been just down the street from my hotel to come and unleash his French Fury upon Mr.Creepy Peepers.

The entire time we have been traveling we have seen many lone male travelers, couples, and tour groups, but in one year and a half, we have only encountered 2 solo female travelers, both in Kenya. Is this because women do not enjoy traveling alone?






Youpi!!! Pierre et moi voyageons enfin en pays suffisamment moderne et sûr sous tout point de vue que nous pouvons nous séparer et voyager seuls pour quelques jours. Je ne ressens pas le besoin de m'échapper de Pierre - par contre, j'ai besoin de retrouver ces vieux souvenirs que j'ai de sentir la solitude et la tranquillité qui ne viennent que lorsque l'on se trouve complètement seul. Donc nous nous réveillons un jour à Pucon, chargeons les motos, Pierre prend une route et moi une autre avec comme plan de se retrouver le lendemain soir à Valparaiso.

Je roule sur la Pan-American une partie du chemin. Elle est bordée d'usines crachant de pollution, et les voitures et les camions qui foncent sur l'autoroute donnent un sentiment de passé et de futur, mais en aucun cas de vivre le présent. Tout le monde se dépêche et se fiche les uns des autres comme du pays qui les entoure. Stations d'essence partout qui pompent, pompent, pompent. Je vous en supplie, si vous venez ici, évitez absolument de prendre la Pan-American. Prenez un âne ou un lama, mais pas ça. Surtout pour un motard - manque total de culture.

Je sors sur les routes secondaires et roule à travers les vignes, des vieux villages oubliés pleins de chiens consanguins et d'enfants sauvages. Je vole au-dessus de l'asphalte fatigué, et je sens le soleil traversant le ciel. Je sens tout un tas de choses jusqu'à ce que l'obscurité tombe. J'arrive à Talca et essaie de trouver mon chemin à travers la ville. Au mieux, je suis comme une boussole déglinguée, et j'ai appris avec le temps que s'il me semble qu'il me faut aller à droite, je vais à gauche et en faisant ça, je suis bonne 97% du temps. Ici à Talca, les rues sont étouffantes. Noyées de lumières, de bruit, de mouvement - foule, gosses, charrettes. Avec mon espagnol bredouillant, j'arrive finalement à mon hôtel. A la réception, se trouvent plusieurs hommes bien habillés, et leur réaction devant une fille échevelée débarquant en moto est hilarante. Ils sont marrants et montrent un grand intérêt pour mes bottes. Je vais à ma chambre, me douche, sors pour manger et me balade aux alentours. Je reviens vers 11 heures le soir et remarque un nouveau type à la réception. Il demande "Bonsoir, c'est vous la fille en moto?". Je réponds que "Oui" et me dirige vers ma chambre. 20 minutes plus tard, il tape à ma porte et m'escorte dehors pour bouger ma moto. Une fois sur le parking, je vois qu'il n'a aucune raison valable pour me demander ça donc je lui dis que "non" et je retourne à ma chambre. Au bout d'un moment, il commence à m'appeler au téléphone mais je ne comprends rien et je raccroche. Ensuite il vient frapper à ma porte à 1 heure du matin pour me proposer un service de chambre. Je lui dit de me laisser tranquille (tout ça en espagnol que je peux à peine parler - et que je comprends encore moins). Après 2 ou 3 épisodes de plus, je suis convaincue qu'il me harcèle sous prétexte de m'offrir ses services, donc après lui avoir claqué la porte au nez pour la troisième fois, je me retrouve tremblante de colère et de tension nerveuse. Tendue parce que je peux maintenant voir qu'il y a une ouverture dans les rideaux par laquelle quelqu'un pourrait mater s'il en avait envie. Donc j'attends 5 minutes, laisse les lumières allumées, marche doucement vers la fenêtre, regarde, et le voilà! Monsieur le Mateur Chelou appuyé contre le mur regardant dans ma chambre. J'ouvre la porte en grand et lui hurle à la figure. Il est, j'en suis sûre, en train de caguer dans sa culotte et il commence à courir de long en large dans le couloir, allume la lumière, bredouille en espagnol. Je claque la porte et maintenant à 2 heures du mat', il frappe à nouveau pour me dire qu'il ne faisait que prendre du bois pour le feu. Je lui dit que j'appelle les flics et je claque la porte.

Je n'arrive pas à dormir, je suis flippée qu'il soit allé aussi loin, mais surtout tout ceci ne serait jamais arrivé si Pierre était là. Le chien mâle pour repousser les autres mâles. Il n'y a que quand une femme est seule que ce genre de connerie arrive. J'en ai assez de ce comportement et du manque de liberté/sécurité que ça instille dans la psyché des femmes. Après plus de 30.000 ans, est-ce que le cerveau reptilien de dominance et de sexisme n'a pas évolué au-delà de ça!? Je ne peux pas dormir, donc je lis mon dictionnaire d'espagnol et apprends chaque mot et chaque phrase dont j'ai besoin pour dénoncer le type le lendemain.

Au matin, je sors et il est là, assis - le Mateur Chelou avec le chic type de la veille. J'adresse le chic type et me lance dans une volée en espagnol dont je ne me croyais pas capable. Ça m'est sorti et ça roule comme une boule de bowling, et ça doit être hilarant et superbe parce que je suis sûre que mon espagnol sonne comme une personne du Japon débarquant aux US pour la première fois. "Moi pas aimer... Cet homme, il est malade dans la tête", et ainsi de suite. Le Mateur Chelou s'aplatit en excuses que je refuse et je m'en vais. Je roule et oublie tout, ce qui m'est d'habitude difficile. Je conduis pendant 8 heures, explorant couleurs, idées, le silence et la beauté. Submergée par la superficialité et la profondeur en toutes choses. J'arrive à Valparaiso vers 7 heures le soir, prend une chambre d'hôtel, et alors que j'ouvre la fenêtre, voici mon beau-hunk Pierre qui arrive sur sa moto. Je me penche à la fenêtre et salue mon homme-objet - c'est la première fois que nous passons quelque temps séparés après plus de 11.500 heures ensemble. Nous nous invitons l'un-l'autre à dîner, rigolons de mon expérience et combien nous aurions aimé que Pierre ait été juste en bas de la rue de mon hôtel pour venir déchaîner sa Furie Française sur le Mateur Chelou.

Durant tout le temps que nous avons voyagé, nous avons vu plein d'hommes voyageant seuls, des couples aussi, et des tours organisés. Mais en un an et demi, nous n'avons rencontré que 2 femmes voyageant seules, les deux au Kenya. Est-ce que c'est parce que les femmes n'aiment pas voyager seules?




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