Monday - March 01, 2004

Hot and Cold

All is relative... until you reach Sudan or Patagonia
Chaud et Froid - Tout est relatif... jusqu'à ce que vous arriviez au Soudan ou en Patagonie

All the motorcycles are gone for the winter. Once more, Merritt and I are closing the march. Last year, we were amongst the last bikers to cross the Sahara before the summer season: if the heat wasn't enough, the kidnappings of 32 tourists in Algeria just after we got through were probably sufficient to "cool off" anybody else. This year, we are so much behind that we don't even see a single motorcycle coming back North. When the only 2-wheel vehicles you cross on the road are the bicycles, you know you are really late for the season. Everybody's rushing to Rio for the Carnaval and we are heading straight South to Patagonia and Tierra del Fuego. Damn! Are we ever going to catch up on the seasons? Are we condemned to go all the way around the world, visiting the hottest regions at the hottest periods and the artic countries just before their 6-month annual winter closure? Aaargh! Forget the penguins, I want to sip my cachaça in Copacabana!

Well, South we go... The day we leave Buenos Aires is the first day we are not suffocating in our riding gear because of the heat. In fact, at the first stop, I even zip up my jacket entirely. Merritt pulls out a sweater from her bag and says: "Gosh! It's freakin' cold today!". I look at the thermometer... "Er, Dear, we know from Africa that 28 degrees is too hot for you. I now have the pleasure to tell you that 24 degrees is too cold for the two of us". Good start to go to Ushuaia.

Everyday we drive 400 to 600 kilometers almost straight South. Everyday our latitude increases by 4 or 5 degrees. Everyday the temperature drops by 4 or 5 degrees Celsius. Where is it going to end?!

We leave Puerto San Julian for Rio Gallegos, the last city on the continent before jumping to Tierra del Fuego. The guidebook say that Ushuaia is only at 600 kilometers from the tip of Antarctica. That would place us at less than 1000 kilometers. You know, when you have a glass full of ice cubes, how you can feel the cold from a couple of inches away?... Antarctica works the same. It's like a huge ice cube 5000 kilometers wide and 4 kilometers high that doesn't want to melt, and it fends off any invader by unleashing incredible icy cold winds all around its perimeter. The closer you get, the stronger and the colder the winds.

Not even half an hour after we leave, the temperature drops sharply, accompanied by a thin rain. We put on some warmer gear and continue. It's not enough. The temperature continues to drop and the rain increases. We put on everything we have that is not buried in the waterproof bags. It's always the same problem with motorcycles: you try to delay the time you take out your warm clothes but then if you get caught by a shower in a flat barren plain, you can no longer open your bags, get half-nacked and put them on. You must get through it until the sky shows a little mansuetude. Well, don't expect any if you are in Patagonia heading South. It will only get worse.

The smallest openings send icy air streams that sting like needles and sweep over the skin from the wrists to the shoulders, from the neck to the belly, and from the ankles to the knees. When crossing trucks, we must lie flat on the tank. Each time, the gush of the wind sounds like the big "Woof!" of a wave and we receive the equivalent of a bathtub of freezing water in full-face. We can't see anything for 2 seconds but then it washes off the windshield and we try to aim straight on the road until the next truck arrives. Each time, the adrenaline rush warms us up a bit but then the rain slowly starts infiltrating. Our brand new "waterproof" gloves feel like sponges. What a joke! I squeeze the heated handgrips as hard as I can. Damn! They work great today! Especially the left one... What? What does that mean, "especially the left one"? Hey, what the heck is wrong with it!? Help! That thing is going crazy! It's burning through my glove!! For 5 minutes I hold the handlebar in alternance tightly to warm up my hand and loosely to cool it off. Until it doesn't heat up anymore. My luck. The heated handgrip just died...

The end of the day is just the kind of misery that true bikers have a real talent to forget. We stop every half-hour to apply our hands flat on the engine. Slow cars start passing us. Even some trucks. We clinch our jaws and book a room at the first hotel in town. We throw our wet gear on the floor. Our skin is all white, pink and blue. We stay in the shower until we look like two lobsters.

In conclusion, we did not go to Ushuaia. The reports of people who had actually been there just before we reached Rio Gallegos confirmed that we did not miss anything, except maybe more cold, more wind, more rain and more mud.

Moral of the story: if you are planning to go to Patagonia, don't buy your winter gear in Cape Town: have it sent from Hamburg or Anchorage.

The second moral is: when you actually are in Patagonia, never leave your warm gear in the bag. Every day, whatever the weather looks like, put on everything you own. Yes, everything. Even the dirty clothes.



The angry Patagonian skies



Toutes les motos sont parties pour l'hiver. Une fois de plus, Merritt et moi fermons la marche. L'an dernier, nous étions parmis les derniers motards à traverser le Sahara avant la saison d'été: si la chaleur n'était pas suffisante, les kidnappings de 32 touristes en Algérie ont probablement fini de "refroidir" qui que ce soit d'autre. Cette année, nous sommes tellement en retard que nous ne voyons même pas un seul motard remontant vers le nord. Quand les seuls véhicules à 2-roues que vous croisez sur la route sont les vélos, vous savez que vous êtes vraiment en retard sur la saison. Tout le monde se rue vers Rio pour le Carnaval et nous nous dirigeons droit au sud vers la Patagonie et la Terre de Feu. Dammit! Est-ce que nous allons jamais rattraper le cycle des saisons? Sommes-nous condamnés à faire le tour du monde des régions les plus chaudes pendant les périodes les plus chaudes, et des contrées arctiques juste avant leur fermeture annuelle pour les 6 mois d'hiver? Aaargh! Oublie les pingouins, je veux siroter ma cachaça à Copacabana!

Bon, en avant vers le sud... Le jour où nous quittons Buenos Aires est le premier jour où nous ne suffoquons pas dans notre accoutrement de moto à cause de la chaleur. En fait, au premier arrêt, je boucle toutes les fermetures de ma veste. Merritt sort un pull de son sac et dit: "Ah dis-donc! Qu'est-ce qu'on se caille aujourd'hui!". Je regarde le thermomètre... "Euh, ma Chère, nous savons depuis l'Afrique que 28 degrés, c'est trop chaud pour toi. J'ai maintenant le plaisir de t'annoncer que 24 degrés, c'est trop froid pour tous les deux". Bon début pour aller à Ushuaia.

Tous les jours nous conduisons 400 ou 600 kilomètres presque droit au sud. Tous les jours notre latitude s'accroit de 4 ou 5 degrés. Tous les jours la température chute de 4 ou 5 degrés Celsius. Où est-ce que ça va s'arrêter?!

Nous quittons Puerto San Julian pour Rio Gallegos, la dernière ville sur le continent avant de sauter en Terre de Feu. Le bouquin raconte qu'Ushuaia n'est qu'à 600 kilomètres du bout de l'Antarctique. Cela nous placerait donc à environ 1000 kilomètres. Vous savez, quand vous avez un verre plein de glaçons, comme vous pouvez sentir le froid à quelques centimètres?... L'Antarctique, c'est la même chose. C'est comme un gigantesque glaçon de 5000 kilomètres de côté et de 4 kilomètres de haut qui ne veut pas fondre, et qui repousse n'importe quel envahisseur en libèrant des vents glaciaux sur tout son périmètre. Plus vous vous rapprochez, plus les vents sont froids et violents.

Même pas une demi-heure après que nous soyons partis, la température s'écroule, accompagnée d'une fine pluie. Nous enfilons des vêtements plus chauds et continuons. Ce n'est pas assez. La température continue à baisser et la pluie redouble. Nous enfilons tout ce que nous n'avons pas enterré dans les sacs hermétiques. C'est toujours le même problème en moto: vous essayez de retarder le moment où il vous faut sortir les habits chauds mais si vous vous faites prendre par une averse dans un paysage plat et rasé, vous ne pouvez plus ouvrir les sacs, vous mettre à moitié-nu et tout enfiler. Vous devez tenir jusqu'à ce que le ciel montre un peu de mansuétude. Et bien n'en attendez aucune si vous êtes en Patagonie et vous dirigez vers le sud. Ça ne fera qu'empirer.

Les plus petites ouvertures envoient des filets d'air gelés qui piquent comme des aiguilles et qui balayent la peau des poignets aux épaules, du cou au ventre, et des chevilles aux genoux. Quand nous croisons un camion, nous devons nous applatir sur le réservoir. Chaque fois le souffle du vent éclate comme le gros "Flouf!" d'une vague et nous recevons l'équivalent d'une baignoire d'eau glacée en pleine figure. Nous ne pouvons rien voir pendant 2 secondes mais ensuite ça nettoie le pare-brise et nous essayons de viser droit sur la route jusqu'à ce que le camion suivant arrive. Chaque fois, le coup d'adrénaline nous réchauffe un brin mais à la longue la pluie commence lentement à s'infiltrer. Nos nouveaux gants garantis "imperméables" finissent comme des éponges. Quelle blague! Je serre les poignées chauffantes aussi fort que je peux. Pitain! Elles marchent fort aujourd'hui! Surtout la gauche... Quoi? Qu'est-ce que ça veut dire, "surtout la gauche"? Eh oh, c'est quoi qui foire là-dedans?! Au secours! Ce machin s'est emballé! C'est en train de me brûler à travers le gant!! Pendant 5 minutes, je tiens le guidon en alternance suffisamment fort pour me réchauffer la main puis suffisamment relâché pour la refroidir. Jusqu'à ce que ça ne chauffe plus du tout. Ma chance. La poignée chauffante vient de rendre l'âme...

La fin de la journée se passe dans le genre de misère que les vrais motards ont un réel talent à oublier. Nous nous arrêtons toutes les demi-heures pour étaler nos mains à plat sur le moteur. Les voitures lentes commencent à nous doubler. Même quelques camions. Nous serrons les dents et prenons une chambre dans le premier hotel en ville. Nous jetons nos combinaisons trempées sur le sol. Nous avons la peau toute blanche, rose et bleue. Nous restons sous la douche jusqu'à ce que nous ayons l'air de deux homards.

En conclusion, nous ne sommes pas allés à Ushuaia. Les descriptions de ceux qui s'y sont rendus juste avant que nous n'atteignions Rio Gallegos nous ont confirmé que nous n'avons rien raté du tout, si ce n'est plus de froid, plus de vent, plus de pluie et plus de boue.

Morale de l'histoire: si vous êtes en train de préparer un voyage en Patagonie, n'achetez-pas votre équipement d'hiver à Cape Town: faites-le vous envoyer de Hamburg ou d'Anchorage.

La seconde morale, c'est que quand vous vous trouvez en Patagonie, ne laissez jamais les habits chauds dans le sac. Tous les jours, quelque soit l'aspect du ciel, enfilez tout ce que vous avez. Oui, vraiment tout. Même les affaires sales.



Les cieux en furie de la Patagonie


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